Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 19:59

Ce doit être l'année du rossignol.
Dernier pipi avant d'aller au dodo
5 Mai 2009 - 1h24







Qui, si je criais, qui donc entendrait mon cri parmi les hiérarchies des anges ? Et cela serait-il, même, et que l’un d’eux soudain me prenne sur son cœur : trop forte serait sa présence et j’y succomberais. Car le Beau n’est rien autre que le commencement de terrible, qu’à peine à ce degré nous pouvons supporter encore ; et si nous l’admirons, et tant, c’est qu’il dédaigne et laisse de nous anéantir. Tout Ange est terrible.

Il me faut donc ainsi me retenir et ravaler en moi l’obscur sanglot, ce cri d’appel. Mais hélas ! vers qui se tourner ? à qui donc, mais à qui peut-on s’adresser ?  A l’ange, non ! à l’homme, non !

Et les animaux pressentent et savent, dans leur sagesse, qu’on ne peut pas s’y fier : que nous n’habitons pas vraiment chez nous

dans le monde interprété. Il nous reste peut-être quelque arbre sur la pente, que nous puissions chaque jour aller voir de nouveau ; il nous reste le chemin d’hier et la facilité attardée d’une habitude fidèle qui se plut près de nous et ainsi demeura et ne partit point. Et la nuit, oh ! la nuit ! quand le vent tout empli de l’espace des mondes travaille et sculpte nos visages ; car à qui ne reste-t-elle pas, désirée si passionnément, la nuit, doucement décevante et prodigue en douleurs, qui se dresse, difficile, devant le cœur de chacun. Aux amants, serait-elle moins sévère ?

Hélas ! ils se voilent seulement l’un à l’autre leur destin. Ne le sais-tu pas encore ? Hors de tes bras jette le vide, rejette le dans ces grands espaces dont notre souffle vit ; et que peut-être les oiseaux, de leur vol plus intime en sentent l’air comme agrandi.

(….)

Il est étrange, sans doute, de ne plus habiter la terre ; de ne plus suivre ces coutumes, qu’on vient d’apprendre à peine ; et de ne donner plus aux roses, à d’autres en promesse, la signification du devenir humain ; de n’être plus ce qu’on avait été dans l’angoisse infinie des mains, et puis d’abandonner jusqu’à son propre nom, tel un jouet brisé.

Etrange, de ne désirer plus les désirs. Etrange de voir tout ce que des rapports tenaient liés ensemble, flottant si librement dans l’espace. Etre mort est un état pénible et plein de recommencements, jusqu’à ce qu’on parviennent et qu’on pénètre un peu l’éternité. Mais les vivants, tous commettent la faute de faire trop grandes leurs différences.

Les Anges (dit-on) souvent ne savent pas s’ils passent parmi des vivants ou des morts. Le courant de l’éternité à travers les deux règnes entraîne tous les âges avec soi, toujours, et les confond chacun.
(….)

Rainer Maria Rilke




Par Jean - Publié dans : Humeurs poétiques
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 00:00


Ben ça y est le "hussard des grandes largeurs" complètement Song, André W Legrand, est remonté sur son cheval à clignotants pour rejoindre Andrée, la potière de sa vie. Certains glaiseux parmi vous connaissent peut-être son livre sur la céramique "Deux céramistes amateurs à la poursuite des potiers Song". Je présente ce livre sur cette page de mon ouaibe.
Mais, Zim Boum,  beaucoup plus rares sont ceux qui ont eu entre leurs mains "Le jardin de M
œbius". C'est un "petit roman jardinier" dont j'ai mis en ligne deux extraits dans un placard de la cuisine. Sa famille m'en a donné quelques uns que je peux faire circuler si vous me le demandez. Toute mon amitié à sa famille et à sa dernière compagne avec qui il était encore en train de batifoler à Venise, trois jours avant de casser sa pipe. J'ai trouvé pour introduire cet article une sarabande de Bach car sa petite fille Emilie en a joué magnifiquement quelques unes pour saluer le départ de ce grand-père sensible et généreux.

PS : Zut, la sarabande ne marche pas ici. Voir dans ma playlist

Salut André  
                                


début 2007














Avec André et Jacky Leloup en février 2007
Par Jean - Publié dans : Créneau nécro
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 14:45

Ça y est, mon compagnon de terre, Jackez N’Guéméné Faou, dit aussi Jacky Leloup vient de sortir son livre
« Faits divers » (et des autres saisons)
Douze nouvelles à l'humour qui grince pour découvrir qu'une belle écriture peut ne pas se prendre au sérieux. Ci-dessous l'extrait prolongé de la "4 de couv" pour vous donner envie de vous procurer la chose.

A Orléans, une seule "vraie" librairie :
Les Temps Modernes
 02 38 53 94 35


Pour les étrangers et autres sauvages :

Editions Ecluse - ISBN 2-916564-19-5 - 16€


Editions de l'Ecluse
Rue Colette
45230 Chatillon Coligny











"je menais donc en toute sérénité une vie d'abruti normal, chassant les grenouilles dans les vasières et les hérissons dans les sous-bois, je retournais peu à peu à l'état sauvage que je n'avais jamais vraiment quitté, et il s'en fallut de peu que je ne fasse une carrière de marchand de paniers. Or, il se trouve que j’étais d'un naturel curieux et je conduisais moi-même mon programme d'éducation au gré de ce qui me tombait sous la main : notices techniques, modes d'emploi, publicités...

Un soir - je devais avoir environ cinq ans - alors que mes parents manipulaient à la pincette d'infimes morceaux d'émail, je déchiffrais tant bien que mal, l'index plié en quatre sous chaque syllabe, un livre jaune portant un masque noir sur la couverture TIENS-PRENDS-ÇA-DANS-TA-SA-LE-GUEU-LE-DE...

Mon père bondit de sa table de travail, levant le bras bien haut pour m'interrompre, il ne lui manquait que le sifflet à roulette. Il accourut de toute la puissance de ses pantoufles.


-Qu'est-ce que tu dis là, qu'est-ce que tu dis là ? Répète un peu pour voir !

Il était effaré et les yeux lui sortaient de la tête. Il m'arracha le livre des mains.

-C'est merveilleux ! Marie-Lou, viens vite voir ça ! Ma mère se tenait déjà dans l'encadrement de la porte, mains jointes, la tête inclinée sur l’épaule, madone incarnée.

-Comment est-ce possible, mon chéri ?

-Vérifions quand même suggéra mon père, tiens, lis ça par exemple :

-ES-PE-CE-DE-GROS-CO...

-Non, attends, voyons, passe-moi le livre - il se mit à le feuilleter - euh, non, pas ça, ni ça, tiens, là par exemple, ah, non, plutôt autre chose, bon, à la fin peut-être, tiens, là, oui, vas-y ! ...

IM-PRI-ME- RIE- B RO- DARD-TAU-PIN -D E-POT-LE-GAL-NU-ME-RO...

- Merveilleux ! Incroyable ! Il n’a pas six ans et il a appris à lire tout seul !"

(Mars, page 43 et 44)



Par Jean Couturier - Publié dans : Annonces culturelles
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 12:28



samedi 14 mars



  Rage et grande douleur


Ben oui, je suis un peu comme ça, avec
le cœur rocker !
 















Par Jean Couturier - Publié dans : Créneau nécro
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